La Presse Canadienne rapporte ce matin que les Canadiens n’ont pas tort de se demander pourquoi ils devraient investir dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) après la crise qui a frappé les marchés en 2008. C’est une question valable, étant donné la chute dans les 40% de la Bourse de Toronto au cours de l’année et des déclins similaires des indices de la Bourse de New York.
Mais il est important de se rappeler que la principale raison d’être d’un REER n’est pas de générer le plus d’argent possible de son investissement, mais bien d’épargner en vue de sa retraite. «C’est un régime. Et les gens le voient souvent comme un instrument de placement, ce qu’il n’est pas», a soutenu la vice-présidente sénior de TD Waterhouse, Patricia Lovett-Reid.
Elle a dit comprendre que les gens pouvaient être craintifs, mais qu’il était nécessaire de voir au-delà de l’instabilité à court terme. «Nous savons que les gens n’épargnent pas assez», a indiqué Mme Lovett-Reid, soulignant que seulement un contribuable éligible sur trois avait versé de l’argent dans un REER en 2007 et que seulement six pour cent du montant total disponible avait été utilisé.
Toutefois, ceci est aussi compréhensible puisque qu’à ce moment-ci l’an dernier, le TSX subissait une série de chutes abruptes. Et il a vu son principal indice fondre de presque 9 pour cent au cours du mois de janvier 2008, ce qui représente possiblement un avant-goût du carnage qui sera infligé au marché plus tard au cours de l’année.
Il est également essentiel de rappeler qu’un REER est également le meilleur «congé financier» que l’on peut recevoir du gouvernement fédéral.
Essentiellement, tous les Canadiens peuvent contribuer dans un REER jusqu’à concurrence d’une certain montrant chaque année. Si on ne connaît pas ce montant, on peut jeter un oeil à son relevé d’impôt fédéral de l’an dernier puisque ce montant varie d’une personne à l’autre.
«En 2008, l’espace généré par votre REER de 2007, devrait être moins de 18 pour cent de vos revenus gagnés en 2007 et cela, jusqu’à un maximum de 20 000$ et moins un ajustement de pension. Donc si vous avez été membre d’un régime enregistré de pension en 2007, il y aura un ajustement de pension créé pour vous», a expliqué le directeur Fiscalité et retraite au Groupe Investors à Winnipeg, Dave Ablett.
Chaque dollar qu’on place dans un REER est déductible d’impôt et on n’a pas à payer de l’impôt sur les gains enregistrés dans son compte jusqu’à temps (idéalement) que vous commenciez à retirer son argent lors de sa retraite. On sera alors, idéalement, dans une fourchette de taxation moins élevé.
Et, comme le note M. Ablett, le réinvestissement des économies d’impôt qu’on fera grâce à un investissement dans un REER permettra de dire que l’entreprise est un succès. «Parce que vous devez vous rappeler que si vous n’épargnez pas l’argent généré par votre déduction d’impôt, si vous le dépensez, alors, tous ce que vous aurez lors de votre retraite est la croissance de votre REER, a-t-il ajouté.
«Nous pensons qu’il est important que les gens perçoivent comme un levier financier leur contribution à leur REER puisqu’ils auront ainsi plus d’argent au moment de prendre leur retraite.»
Mais l’on ne peut pas contribuer à ses REERs indéfiniment puisque le gouvernement permet d’accumuler de l’argent jusqu’à la fin de votre 71ième année de vie.
«Mais ce que vous pouvez faire c’est transférer une partie ou le total de votre argent dans un Fonds de revenu de retraite (FERR), pour que seulement les retraits de ce dernier représentent des revenus imposables qu’à vous», a affirmé M.Ablett.
L’autre moyen de réduire son taux d’imposition est d’avoir recours au fractionnement de votre revenu, qui est conçu pour que vous puissiez transférer les revenus d’un contribuable situé dans une fourchette d’imposition supérieure vers un autre contribuable d’une fourchette inférieur comme un partenaire ou un enfant.
Même si les REERs représentent pour la plupart des Canadiens une façon idéale pour se préparer à la retraite, ils ne sont pas faits pour tout le monde, comme par exemple, les personnes à faibles revenus.
«Parce que lorsque vous êtes bénéficiaires de prestations du gouvernement, ces dernières sont considérées comme des sources de revenu, a affirmé Mme Reid, et cela pourrait compromettre d’autre bénéfices gouvernementaux comme les suppléments de revenus garantis. Cela ne signifie pas que vous ne devriez pas épargner mais peut-être pas nécessairement dans le cadre d’un REER.»
Elle indique que le nouveau compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est une manière de le faire puisque même si on ne bénéficie pas d’un allégement fiscal lors des contributions mais on ne doit pas en payer lorsque on fait des gains.




